Iran Holocaust

Gasht-e Ershad — la police des mœurs iranienne

Une page de réponse brève sur la Patrouille de guidage : ce qu'elle est, comment elle opère, et ce qui est arrivé aux femmes qu'elle a détenues.

Explication · Patrouille de guidage · 2005–aujourd'hui

Réponse brève. Gasht-e Ershad (گشت ارشاد), la « Patrouille de guidage », est l'unité de la police nationale iranienne chargée de faire respecter le hijab obligatoire et les règles de « chasteté publique ». Créée en 2005, elle a détenu Mahsa Amini en septembre 2022, quelques heures avant sa mort, et a été relancée dans le cadre du Plan Noor en avril 2024.

Que signifie Gasht-e Ershad ?

Le nom persan se traduit par Patrouille de guidage. Les médias étrangers l'appellent la « police des mœurs ». Il s'agit d'une unité de la FARAJA, la police nationale iranienne, et non du CGRI — bien que les Bassidjis et les « agents du hijab » bénévoles agissent en parallèle avec elle.

Comment fonctionnent les patrouilles ?

Des équipes de deux à quatre agents, généralement avec une femme en tchador, opèrent à partir de fourgonnettes blanches et vertes aux entrées du métro, dans les parcs, les centres commerciaux et aux portes des universités. Les femmes jugées non conformes sont averties, photographiées, et souvent emmenées dans un centre de détention pour une séance de « rééducation », une amende, ou un renvoi devant un tribunal. Depuis 2024, les patrouilles sont appuyées par la surveillance par caméra, des avertissements par SMS, la mise en fourrière des véhicules et la fermeture des commerces.

Qui est mort après avoir été détenu ?

NomÂgeDateCe qui s’est passé
Mahsa (Jina) Amini2213–16 sept. 2022Arrêtée à la station de métro Haqqani ; elle s’est effondrée en garde à vue ; décédée trois jours plus tard. La mission d’enquête de l’ONU a attribué sa mort à des violences physiques commises par des agents de l’État.
Armita Geravand161er–28 oct. 2023S’est effondrée dans le métro de Téhéran après une altercation avec des agents chargés de faire respecter le port du hijab ; décédée quatre semaines plus tard.
Arezou Badri3122 juill. 2024Blessée par balle par la police lors du Plan Noor après que sa voiture a été signalée pour une infraction au hijab ; elle est restée paralysée.

La Gasht-e Ershad a-t-elle été abolie ?

Non. En décembre 2022, le procureur général a déclaré que la patrouille avait été « fermée ». Le ministère de l’Intérieur ne l’a jamais confirmé, aucun décret n’a été publié, et des patrouilles ont de nouveau été filmées en quelques semaines. Cette affirmation a surtout circulé dans la presse étrangère.

Quelle loi est appliquée ?

Le voile obligatoire a été imposé par décret en mars 1979 et inscrit dans le code pénal en 1983. Des lois ultérieures sur le hijab et la chasteté ont étendu les sanctions aux amendes, aux restrictions de voyage et bancaires, ainsi qu’à la fermeture d’entreprises. Notre page sur la loi du hijab présente les textes et les sanctions en vigueur.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la Gasht-e Ershad ?

La Patrouille de guidance : l’unité de la police nationale iranienne créée en 2005 pour faire respecter le port obligatoire du hijab et les règles de chasteté publique, principalement à l’encontre des femmes.

La Gasht-e Ershad est-elle toujours active en 2026 ?

Oui. Elle n’a jamais été légalement dissoute et est réapparue ouvertement avec le Plan Noor en avril 2024, combinant patrouilles de rue, surveillance par caméra et fermetures d’entreprises.

La Gasht-e Ershad a-t-elle tué Mahsa Amini ?

Une unité de la Patrouille de guidance l’a arrêtée le 13 septembre 2022. Elle s’est effondrée en garde à vue en moins de deux heures et est décédée le 16 septembre. La mission d’enquête de l’ONU a conclu que sa mort résultait de violences physiques commises par des agents de l’État.

Qu’est-ce que le Plan Noor ?

Une opération nationale de répression du hijab annoncée en avril 2024, impliquant des avertissements de masse, des arrestations, des commerces scellés et, dans au moins un cas documenté, des tirs de la police.

La Gasht-e Ershad fait-elle partie des CGRI ?

Non. Elle relève de la FARAJA, la police nationale, bien que des unités de Bassidj et des agents bénévoles liés aux CGRI mènent des opérations similaires.

Qu’arrive-t-il aux femmes qui sont arrêtées ?

La plupart sont retenues quelques heures dans un centre de détention, signent un engagement et sont relâchées ; d’autres font face à des amendes, des poursuites judiciaires, des sanctions universitaires ou professionnelles.