Iran Holocauste

Pendaisons publiques et exécutions de manifestants

Tous les cas documentés depuis 2020 : nom, date, ville, chef d’accusation et source — y compris les exécutions menées sur les places publiques.

Liste · mise à jour le 25 août 2026

La République islamique exécute les manifestants de deux manières : à l’aube dans les prisons, sans préavis, la famille n’étant informée qu’après coup ; et en public, depuis des grues ou des potences dressées sur le lieu même de la contestation. Les deux visent à dissuader. Cette page recense 32 cas documentés depuis 2020, avec le chef d’accusation retenu et une source primaire pour chacun. Lorsque nous disposons d’une biographie complète, le nom renvoie à une page commémorative.

Cas nommément identifiés, 2020-2026

Exécutions de manifestants et de dissidents documentées par Iran Human Rights, Amnesty International et HRANA.
NomDateVilleChef d’accusationSource
Navid Afkari12 sept. 2020ChirazMeurtre (aveux sous la torture)source
Ruhollah Zam12 déc. 2020TéhéranEfsad-e fel-arzsource
Mohsen Shekari8 déc. 2022TéhéranMoharebehsource
Majidreza Rahnavard12 déc. 2022MashhadMoharebeh — pendaison publique par gruesource
Mohammad Mehdi Karami7 janv. 2023KarajEfsad-e fel-arzsource
Seyed Mohammad Hosseini7 janv. 2023KarajEfsad-e fel-arzsource
Habib Farajollah Chaab6 mai 2023AhvazEfsad-e fel-arz (enlevé de Turquie)source
Farhad Salimi5 nov. 2023KarajEfsad-e fel-arz (enseignant kurde sunnite)source
Mohammad Ghobadlou23 janv. 2024TéhéranEfsad-e fel-arz — exécuté malgré un sursis de la Cour suprêmesource
Kianoush Nafisi23 janv. 2024KarajMoharebehsource
Reza (Gholamreza) Rasaei6 août 2024KermanshahQisas — manifestant yarsani-kurdesource
Jamshid Sharmahd28 octobre 2024TéhéranEfsad-e fel-arz — Germano-Iranien, enlevé à Dubaïsource
Saleh Mohammadi19 mars 2026IranAccusations liées aux manifestations — lutteur de l’équipe nationale, 19 anssource
Amirhossein Hatami2 avril 2026TéhéranMoharebeh — musicien, 18 anssource
Mohammad Amin Biglari3 avril 2026TéhéranMoharebehsource
Ali Fahim4 avril 2026TéhéranProcès à huis clos devant un tribunal révolutionnairesource
Abolhassan Montazer4 avril 2026KarajAppartenance présumée à l’OMPI — architecte, 66 anssource
Vahid Baniamerian4 avril 2026KarajAppartenance présumée à l’OMPI — professeur de physiquesource
Abolfazl Salehi Siavashani5 avril 2026TéhéranAccusations liées au soulèvement de janviersource
Shahin Vahedparast Kalur6 avril 2026TéhéranAccusations liées au soulèvement de janviersource
Sasan Azadvar Jonaqani30 avril 2026IspahanChefs d’accusation liés au soulèvement de janvier — arrêté à 21 anssource
Hossein Amaninejad11 juin 2026HamedanMatin d’exécution de masse, prison centrale de Hamedansource
Hamed Yavari11 juin 2026HamedanMatin d’exécution de masse, prison centrale de Hamedansource
Javad Zamani16 juin 2026Non divulguéPrésomption de direction d’action arméesource
Abolfazl Saadi16 juin 2026Non divulgué« Trouble à l’ordre public »source
Mohammad Amini Dehaghani13 juillet 2026IspahanAffaire de la manifestation du 8 janviersource
Erfan Esfandiari19 juillet 2026IspahanMoharebeh — affaire de la place Alikhanisource
Gol Mohammad Mohammadi19 juillet 2026IspahanAffaire de la place Alikhani — ressortissant afghansource
Mehdi Khaneki22 juillet 2026Karaj« Actions opérationnelles » pour des États hostilessource
Abdolfazl Sepahi Badjani28 juillet 2026IspahanPendu publiquement à l’aube sur la place Alikhanisource
Amir Hossein Safari Hosseinabadi28 juillet 2026IspahanPendu publiquement sur la place Alikhanisource
Arvin Kheirkhah1er août 2026ShahrudChefs d’accusation du soulèvement de janvier — âgé de 20 anssource

Exécutions menées en public

La pendaison publique est utilisée avec parcimonie et de manière délibérée. Le 12 décembre 2022, Majidreza Rahnavard, 23 ans, a été pendu à une grue de chantier à Mashhad, 23 jours après son arrestation ; des photographies de son corps suspendu ont été diffusées par les médias d’État. Le 28 juillet 2026, Abdolfazl Sepahi Badjani et Amir Hossein Safari Hosseinabadi ont été pendus à l’aube sur la place Alikhani, à Ispahan — la place même où quatre policiers avaient trouvé la mort lors des manifestations du 8 janvier. Amnesty International a décrit ces deux exécutions comme intervenant à l’issue de procès profondément inéquitables.

Les exécutions à l’aube d’avril 2026

Entre le 2 et le 6 avril 2026, au moins cinq hommes ont été pendus à Téhéran et à Karaj en lien avec le soulèvement de janvier: Amirhossein Hatami, un musicien de 18 ans ; Mohammad Amin Biglari ; Ali Fahim ; Abolfazl Salehi Siavashani ; et Shahin Vahedparast Kalur. Deux autres, Abolhassan Montazer, un architecte de 66 ans, et Vahid Baniamerian, professeur de physique, ont été exécutés pour appartenance présumée à l’OMPI. Dans chaque cas, le procès s’est déroulé à huis clos, l’avocat a été désigné par le tribunal, et les familles n’ont appris l’exécution qu’après son déroulement.

Les trois chefs d’accusation capitaux

  • Moharebeh — « guerre contre Dieu », article 279 du Code pénal islamique.
  • Efsad-e fel-arz — « corruption sur terre », article 286.
  • Baghi — « rébellion armée », article 287.

Aucun ne requiert la preuve que l’accusé ait tué quiconque. Ces trois chefs ont été appliqués à des manifestants sur la base d’aveux extorqués sous la torture, fréquemment diffusés à la télévision d’État avant le procès. Voir le Glossaire pour les termes juridiques et la Méthodologie pour la manière dont chaque cas a été vérifié ici.

Qui est exécuté

Les exécutions liées aux manifestations touchent de manière disproportionnée les minorités ethniques et religieuses. Les accusés kurdes, baloutches, arabes et yarsanis sont fortement surreprésentés : Reza Rasaei était yarsani-kurde, Farhad Salimi un enseignant religieux sunnite kurde, Habib Farajollah Chaab un militant arabe ahvazi. Les ressortissants afghans, qui ne bénéficient quasiment d’aucune protection consulaire, apparaissent à plusieurs reprises dans les listes de 2026. La prison centrale de Zahedan a à elle seule compté plusieurs pendaisons en une seule semaine de juin 2026.

Foire aux questions

L’Iran pratique-t-il encore les pendaisons publiques ?

Oui. Majidreza Rahnavard a été pendu en public à une grue à Mashhad le 12 décembre 2022, et le 28 juillet 2026, Abdolfazl Sepahi Badjani et Amir Hossein Safari Hosseinabadi ont été exécutés publiquement à l’aube sur la place Alikhani, à Ispahan — la place où les morts de manifestants pour lesquels ils ont été condamnés s’étaient produites.

Qui a été le premier manifestant exécuté après le soulèvement de 2022 ?

Mohsen Shekari, 23 ans, pendu à Téhéran le 8 décembre 2022 pour le chef d’accusation de moharebeh, 74 jours après son arrestation.

Quels chefs d’accusation sont utilisés pour exécuter les manifestants en Iran ?

Moharebeh (« déclarer la guerre à Dieu », article 279), efsad-e fel-arz (« corruption sur terre », article 286) et baghi (« rébellion armée », article 287). Ces trois infractions sont passibles de la peine capitale et sont systématiquement appliquées sur la base d’aveux obtenus sous la torture.

À quelle vitesse les manifestants sont-ils exécutés après leur arrestation ?

Dans plusieurs cas documentés, en quelques semaines. Rahnavard a été pendu 23 jours après son arrestation ; les exécutions d’avril 2026 à Téhéran ont fait suite à des audiences à huis clos devant la Cour révolutionnaire, sans avocat indépendant et sans préavis aux familles.

Des mineurs sont-ils exécutés en Iran ?

L’Iran reste l’un des rares États à exécuter des personnes pour des crimes commis lorsqu’elles étaient enfants, en violation de la Convention relative aux droits de l’enfant, que l’Iran a ratifiée.

Combien d’exécutions liées aux manifestations ont eu lieu ?

Cette page recense plus de 30 cas nominatifs depuis 2020. Le nombre total d’exécutions est bien plus élevé : Iran Human Rights a recensé 972 exécutions en 2024 et plus de 1 500 en 2025.